les jetées des ports du coin comme à Zumaïa sont censées protéger des tempêtes d'ouest vent dominant dans ces conditions. Manque de bol depuis 2-3 ans les tempêtes rappliquent par le nord ouest et même carrément nord, ça change la donne! Les vagues déferlent plus au large coté plage a droite de la sortie du port donc on ne peut pas rentrer en longeant la plage face à la grande jetée qui pourrait nous abriter de la houle d'ouest.
Conséquence il faut rentrer tout droit dans la passe, manque de bol encore, comme la houle arrive du nord, elle déferle jusqu'à l'intérieur. Il n'y a pas 36 solutions : la trajectoire du voilier était la bonne.
on est d' accord , .... ce qui était moins bon c' était la décision de rentrer

.... Je ne suis pas voileux mais surfeur et les deux conseils que je peux donner (c'est facile dans mon fauteuil) c'est de tourner à l'extérieur le temps de repérer les séries et leur conséquence dans la passe, puis de foncer derrière la plus grosse ....
Eh oui,
mais c' est là toute la différence entre le surf et la voile de croisière, il n' y a pas vraiment d' inertie avec la planche de surf , que l' on peut faire démarrer TRES rapidement... Avec un voilier de
6 à 8 tonnes et un moteur de 25 à 40 cv , c' est bien " une autre paire de manches"

....
autrement dit ( si l' on se base avec ta théorie )
a) si l' on part après la vague la plus forte, le temps que le moteur arrive à lancer le bateau on ne sera qu' à 2 nœuds quand la vague suivante ( normalement pas trop forte ) nous arrivera dessus ... et si on arrive à monter à 5 ou 6 nœuds quand la 2eme vague suivante nous passera dessus , on aura de la chance

... et au loin, .. la "méchante" vague arrive

b) a priori, s' il y a un coup à tenter, ( ce dont je suis loin d' etre sur

... ) il faut à mon avis
partir avec la vague la plus forte mais
faire en sorte qu' elle passe sans que l' on parte au surf dessus ( joli numéro d' équilibriste

) ; en procédant ainsi on aura au moins le mérite d' avoir été rapproché du port en servant du " tapis roulant " de la grosse déferlante, et le but étant de garder un max de vitesse pour que l' on se rapproche au plus vite du port et d' une zone moins dangereuse avant que la "vague tueuse" ne se pointe ...
ET puis, en surf, ... si on "sent" que .... "ça ne va pas le faire" hop ! un petit virage à 180 ° et on laisse partir la vague toute seule ...
Avec
un tel boat quand t' es parti , c' est trop tard, tu n' as AUCUNE échappatoire .... faut faire avec les conditions rencontrées et .. les anges gardiens si on y croit ...
je le dis et je le redis quand, entre les vagues, vous vous retrouvez avec un courant contraire de de 4 à 5 nœuds, et bien vous aurez de la chance si , par rapport au fond, vous vous rapprochez du port et que vous continuez à avancer ....
En plus, ajoutez à cela que dans une eau bien émulsionnée, l' efficacité du rendement de l' hélice est mise à mal ( tout comme l' efficacité du safran ) ...

... de foncer derrière la plus grosse c'est un choix difficile quand on ne passe pas des heures à faire ce type de choix comme en surf, surtout qu'avec la hauteur des vagues ce jour là, il faut juger vite quand on est sur la crête...
et pas facile d' avoir suffisamment de sang froid pour juger en une fraction de seconde s 'il faut y aller , car histoire de bien vous perturber les neurones, vous sentez bien qu' a bord, certains ont peur / froid et / ou le mal de mer ....
Donc vous etes pris en tenaille avec
1) d'un coté la volonté d' en finir au plus vite pour mettre le boat et l' équipage en sécurité
2) le principe qu' il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, et que si justement vous prenez votre temps pour analyser la situation, vous saurez mieux juger le moment propice pour tenter une rentrée
SAUF QUE, quelquefois ( impression - due à la fatigue et/ou au stress - ou réalité ? ) il vous semble que la situation a un peu empiré depuis 1 quart d' heure ou plus que vous analysez la situation, et que plus vous attendez et plus ça va devenir risqué voire impossible ...

Je ne sais pas si vous vous etes déjà trouvé dans ce genre de situation ou l' on se dit "
c' est tout à l' heure que j' aurai du y aller, maintenant ça va devenir de + en + difficile et si j' attends encore un peu ça va etre quasi impossible et donc trop risqué , .... " et c' est là qu'"on finit par se dire ( bêtement ) ,
allez, je tente le tout pour le tout , on verra bien ....
... ce jour là, il faut juger vite quand on est sur la crête.(les vagues les plus noires sont les plus hautes) ... .
c' est toujours bon à savoir
deuxième truc, quand en surf on voit arriver une vague trop grosse, on peut s'asseoir à l'arrière de la planche, la vague nous frappe on est poussé en avant mais on ne se plante pas et on reste stable.
Tout à fait d' accord pour le surf, mais hélas pas transposable avec un voilier de 6 à 8 tonnes
deuxième truc, quand en surf on voit arriver une vague trop grosse, on peut s'asseoir à l'arrière de la planche, la vague nous frappe on est poussé en avant mais on ne se plante pas et on reste stable. (si c'est trop gros on lâche tout et on plonge!)
Le voilier aurait peut-être eu intérêt à alléger l'avant et alourdir le cul,..
oui , mais essentiellement pour ne laisser personne sur le pont ou sur la plage Avant zones beaucoup trop dangereuses par ces mers là !...
Le voilier aurait peut-être eu intérêt à alléger l'avant et alourdir le cul, ...
euh ... sur un bateau de ce poids, ce ne sont pas 3 ou 4oo kgs d" équipage dans le cockpit qui vont "enfoncer" le cul du bateau, et dans le cas ou cela aurait un effet sur l' "assiette" du bateau ( son "cabré" ) , manque de chance cela ferait un frein hydrodynamique de plus pour l' helice et le super moteur de 35 à 45 cv .. le pôvre, déjà qu' il galère suffisamment comme cela ...
... ....Le voilier aurait peut-être eu intérêt à alléger l'avant et alourdir le cul, il aurait pris la claque mais freiné de l'arrière et le nez levé il aurait eu plus de chance ne ne pas se planter et faire un tête à queue.....
Mais là encore, tu raisonnes comme si la carène du bateau était similaire à celle de ton flotteur , et il y a plus de différences que de points communs ...
La carène d 'une planche de surf est relativement plate , elle peut etre plus ou moins cambrée ...
Sur une coque de voilier qui a des sections en "U" + ou - ouvert ( a l' arrière ) et pincé ( à l' avant ) , il y a la quille qui est une sorte de "juge de paix" ; si la carène enfoncée qui avance est symétriquement enfoncée dans l'eau à tribord et babord, le bateau va aller droit , mais dès qu' il y a un peu d' angle de gite , la carène au contact de l' eau ne va plus etre symétrique ; et si elle n' est plus symétrique, cela signifie qu' elle à perdu son " équilibre" et sans son équilibre, la carène aura tendance
soit a partir vers tribord ou babord
soit à s'incliner un peu plus renforçant le déséquilibre et si en phase précédente , la carène n' était pas suffisamment gitée pour que cela l' entraine d' un coté ou d' un autre, avec un angle plus fort , c' est sur que la coque va partir d' un coté ou de l' autre ...
Dans le cas du surf, pour diriger la planche , il suffit d'incliner la planche d' un coté ( soit par une pression des bras , du corps ou des pieds ), et la planche part du coté où l' on appuie , et des que la pression cesse, la planche revient tout droit.
Sauf que dans le cas d' un voilier, il y a le mat qui "aide" à faire incliner la coque , aïe

, encore un facteur négatif comparé à la planche ...
et enfin dernier facteur et non des moindres la vitesse ...
Si ta coque est gitée à 35 ° avec une vitesse de UN nœud , ça va etre controlable ,
mais si la vitesse est de 10 / 15,voire 20 nœuds un angle de 15 à 25° rendra le bateau nettement moins gouvernable ...
J' ai effectivement l' impression que la bonne décision est la suivante ....
.... Ceci dit, à sa place je n'aurais pas pris le risque de rentrer à Zumaïa et me serais dérouté sur Hendaye. ...
.... Il y a 2 ans j'ai sauvé de la noyade un gus éjecté d'un semi rigide qui avait fait la même erreur: tête à queue, nez planté dans une grosse vague pendant un coup de vent. Il naviguait dos à la forte houle avec le trim complètement rentré. ....
Avec les vagues de dos, quand on les rattrape si l' on joue du trim en positif, on devrait nettement moins risquer de se planter dans la vague précédente ...
mais avec une carene planante on n' a pas le facteur supplémentaire de la di symétrie de la carène ; cela dit, si l' on rattrape les vagues, cela sous entend une vitesse certaine et l' absolue nécessité de TRES bien garder son cap, la moindre incidence de barre et effectivement c' est le tete à queue .
D' ailleurs dans ton exemple , je présume qu' il y a eu dans l' ordre
1) rattrapage de la vague
2) enfournement dedans
3) tete à queue avec ejection d' un (ou des) passager(s) et/ou du pilote ...